lundi 10 juin 2013

N°5 Culture Chanel


L'année 2012 a été une année record en terme de lancements de parfum: au niveau mondial on a recensé plus de 1200 créations contre 500 en 2002. Parfums de star, licences, rééditions, déclinaisons de parfums existants ou véritables créations... la consommatrice que je suis en est perdue. Sur cette offre saturée combien de fragrances vont effectivement perdurer dans le temps? 
Aujourd'hui les marques ne lanceraient-elles pas un parfum comme on lancerait un produit agro-alimentaire? 

La semaine dernière une exposition sur le N°5 de Chanel m'a pourtant réconciliée avec le monde la parfumerie. 

Un parfum au Palais de Tokyo?


Ici le N°5 n'est pas simplement un parfum, il est hissé au rang de l'oeuvre d'art. La volonté de jean-Louis Froment, le commissaire de l'exposition, est de montrer à travers une série de vitrines les liens entre le N°5 et les différentes influences artistiques de Gabrielle Chanel.

« Le N°5 est un parfum qui vient de loin. Il traverse des pays, des jardins, des livres, des poèmes, des mouvements artistiques où chaque fois il prend la source de la modernité de sa composition. C’est un parfum qui naît d’une histoire d’amour que sa note de fond, très subtilement, pourrait évoquer à l’instant même où le temps le saisit et le déporte jusqu’à nous, si proche et jamais fugitif ; révélateur de nos manques souvent les plus secrets. Indéfinissables, les mots qui le parlent sont abstraits et les images qui l’accompagnent se superposent dans l’épaisseur d’une mémoire artistique intemporelle. C’est l’effet culturel qui accompagne le N°5 et l’aura singulière dont il est entouré qui offrent au parfum sa pérennité et lui permet de traverser toutes les époques avec l’assurance que nous connaissons. Et ce voyage ne s’arrête jamais, c’est un mouvement irréversible dans le temps avec lequel, toujours, il se confond. Comme une oeuvre d’art qui se renouvelle aux regards des visiteurs à chacune de ses expositions, le N°5 recompose son histoire selon ses rencontres et les époques qu’il traverse. Supporté par un ensemble de références qui sont attachées à l’aventure des formes artistiques de la modernité, avec en toile de fond l’histoire singulièrement romanesque de Gabrielle Chanel, le parfum N°5 a gagné le statut de création. » Jean-Louis Froment

Quelques secrets autour de la création



  • Un parfum de l'absence: le N°5 serait né d'un manque lié à la disparition de Boy Capel, le grand amour de Coco Chanel mort en 1919
  • Le N°5 comme le 5ème échantillon présenté à Coco par Ernest Beaux
  • Un flacon minimaliste inspiré par une fiole trouvée dans une trousse de toilette masculine
  • Un bouchon qui représente un miroir du XVIIIème siècle encore présent dans l'appartement du Ritz
  • Une étiquette Dadaïste, clin d'oeil aux tracts signés Tzara
  • Un emballage collage dans le pur style cubiste
  • Un double C qui rappelle les vitraux de l'Abbaye d'Aubazine de l'enfance de la créatrice
  • Le flacon n'a subi que des changements infimes au fil des époques



De Gabrielle à Brad


En 1937 Gabrielle est la propre image de son parfum. En témoigne cette publicité parue dans le Harper's Bazaar.


Depuis, le N°5 a connu de nombreux visages pour incarner ce "parfum de femme à odeur de femme" jusqu'à Brad Pitt en 2013. Il a surtout inspiré les meilleurs réalisateurs et photographes.












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